Conclusion

À la recherche de la porte perdue

Avant même de recevoir le livre de Bruno Lizé, j’avais pris contact avec Francine K., bloggeuse touche-à-tout qui promenait ses chiens dans le parc de la Buzine, et avait conclu un article écrit le jour de mon anniversaire par cette offre imprudente : « Le château est en pleine rénovation ; si vous désirez des photos, n’hésitez pas à me contacter, je vous les enverrai par mail. »

 

Un membre du forum, sur le site officiel, ayant localisé la grille remplaçant la funeste porte grâce à un guide connaissant bien Pagnol rencontré à la boutique en 2001, je joignis à ma demande de photo un résumé des informations disponibles.

 

Elle se trouvait sur une éminence, à 200m au nord-est du château – ce qui correspondait à l’intersection de l’ancien mur d’enceinte et du canal de dérivation de la “Brugueronne” indiqué sur une carte de 1933. En faisant face au château, il fallait entrer à gauche dans une résidence privée. Un peu plus haut se trouvait un chemin où le « canal » n’était plus visible, mais où on entendait l’eau couler sous ses pieds ; la grille se situait au bout…

 

La Porte retrouvée

Francine me répondit fort obligeamment qu’elle ferait tout son possible et, lancée sur la piste d’une grille, m’envoya dès le lendemain une photo du portail sud-est – ainsi que de la petite porte voisine, où la branche sud de la dérivation s’introduit dans le parc de la Reynarde, offrant l’image que devait présenter la branche de la Buzine avant la destruction du mur d’enceinte. Sa couleur verte confirmait que même si ces grandes propriétés n’étaient irriguées que par une branche secondaire, les portes de service étaient les mêmes, et que le détenteur d’un passe du Canal pouvait les traverser.

Francine avait bien pensé au nord-est, mais la résidence privée était désormais fermée par un portail à digicode, côté piétons comme côté voitures.

 

Là-dessus l’une de ses amies, qui avait parcouru le circuit Pagnol avec le Musée, la mit sur la piste d’un trou dans le mur, sur la droite après l’entrée du parc, où se trouvait quelques années auparavant une porte en fer, que le guide présentait comme la « porte du Père Humilié »…  Ce serait un jeune ami de Marcel qui aurait dit à sa famille : « Pourquoi faites vous ce détour pour aller vers la Treille ? » avant de leur montrer ce raccourci.

 

Ce « passage Pagnol » dans l’enceinte intérieure présentait l’avantage d’être orienté vers le Nord et les Quatre saisons, où le « raccourci des châteaux » était censé déboucher, et dont la Buzine ne s’approche jamais à moins de trois-cent mètres. Alors que d’après Histoires de Pagnolie que je venais de recevoir, la dérivation de la Bringueronne (ou rigole 35), qui passe bien devant le mur troué, juste après le château, simplement recouverte de dalles à l’intérieur du domaine, le traverse d’est en ouest…

L’initiateur des circuits Pagnol n’étant autre que Georges Berni (1913-1998), auteur de la photo de la funeste grille – je m’adressai à Georges Berni, auteur du site G.B.Provence, qui ne s’étant jamais rendu sur les lieux avec son père, lança sur le forum un nouveau sujet « porte noire. »

Jean-Baptiste Luppi répondit le jour-même que Marius Brouquier – mieux placé que personne pour situer cette porte – lui en avait montré l’emplacement une trentaine d’années auparavant, et voulut bien me préciser par e-mail : « Venant de l’entrée principale, nous avons suivi la magnifique allée d’arbres, sommes passés devant le château et avons poursuivi à peu près tout droit pendant 200 ou 300 mètres. Arrivés devant un mur avec une ouverture, Marius m’a dit : “Voilà où était la porte. Marcel m’a dit plusieurs fois : ‘Marius, cette porte il faudrait la refaire’, et on ne l’a jamais fait.” Pour y aller, on avait suivi un petit canal... » – voie d’eau qu’il reconnut immédiatement sur la photo avec Germaine que je lui envoyai.

Son témoignage nous ramenait sans aucun doute à la grille dans la résidence privée, dont « Fanfan » écrivait en 2003 : « Jusque là on nous avait toujours dit qu’elle était en face du château. Je pense que pour éviter de déranger les propriétaires, peu de personnes en parlent. » Leur tranquillité étant désormais assurée par un portail électronique, il fallait bien montrer quelque chose aux touristes…

J’en fis part à Francine, ajoutant que d’après une illustration d’Histoires de Pagnolie simplement titrée “rigole 35” [1], le grillage semblait avoir à son tour été remplacé par des parpaings, et la porte enfin refaite.

Le jeudi 5 août 2010, en fin d’après-midi, Francine m’annonça qu’après plus de trois heures de marche le long de nombreuses rigoles, scandées de portes vertes se ressemblant toutes, la photo se trouvait dans son appareil.

Elle avait enjambé un mur de la résidence privée, appelée « Square de l’Eygalier », où après s’être griffé les bras sur des ronces et failli se faire mordre par un chien peu commode, elle avait retrouvé « ma porte » au fond d’un chemin de terre. Elle n’avait pas entendu l’eau couler à cause du vacarme des cigales, mais les dalles étaient bien là, le grillage de la photo de Georges Berni jeté à l’extérieur, et la disposition des parpaings indiscutablement la même que sur la photo de Bruno Lizé.

 


2 janvier 2000


Années 1970


1956

Celui-ci me confia avoir réalisé après coup qu’il s’agissait du site de la photo de Georges Berni, au gros arbre encastré dans le mur blanc de la maison construite depuis lors. Ce vieil arbre avait désormais rejoint les fantômes du passé. Mais sur les clichés où on l’aperçoit encore, la brèche en haut du mur de gauche est bien la même que sur la photo avec Germaine – elle aussi particulièrement bien placée pour situer la scène.

Toutes les pièces du puzzle étaient en place. Dans l’esprit de Pagnol au moins, la Buzine était bien Le Château de ma Mère.

Porte Nord-ouest. Photo Francine K.

 

 

Restait, pour l’honneur de son sens de l’orientation, à trouver un raccourci plausible passant par cette porte. Grâce à la connaissance des lieux de Bruno Lizé et à son inlassable patience devant mes élucubrations, je parvins à en imaginer deux.

 

 

D’un canal l’autre

1. Partons donc de la Barasse, puisque c’est manifestement l’arrêt qui a le plus marqué le jeune Marcel[2]. Il est vrai-semblable en effet que pour « monter aux collines » tous les samedis à partir de février 1905, l’économe Joseph ait préféré la ligne du Boulevard du musée [15], partant tout près de la garde de l’Est et dont la Barasse était le terminus ; à la ligne continuant jusqu’à Aubagne à partir du 10 juin [40], où une place coûtait 40cts au lieu de 10cts[3].

S’ils avaient attendu un an ou deux la pro-longation du “15” au-delà de Saint-Marcel, il devait être d’autant plus rageant de devoir rebrousser chemin en direction du terminus précédent, à cause de propriétés privées.

Technologie Google Earth

 

Ce qui expliquerait, d’abord que Joseph ait choisi de les contourner plutôt par la droite – itinéraire décrit dans La Gloire de mon père – même si c’était légèrement plus long. Puis qu’il ait cédé à la tentation de les traverser en fraude.

Le premier grand domaine qu’ils longeaient après avoir traversé l’Huveaune était Saint-Antoine, future propriété du comte Guy de Robien. À force de m’halluciner sur des cartes d’époque, je me demandai tout à coup si la clé de l’énigme ne serait pas dans cette phrase du comte Jean de X… quand il les surprend sur ses terres : « Prenez l’allée centrale, elle est plus courte que le canal. » En effet, si au lieu de remonter le Canal vers le Nord, on se dirige vers le château situé à l’est du domaine, on se retrouve à cent mètres de la branche de la Buzine – qui aboutissait dans un bassin en forme de poêle à frire, dans le domaine voisin de la Cipière. Ne pouvait-il s’agir  d’un indice laissé par Pagnol, signifiant qu’ils avaient quitté presque tout de suite la branche principale du canal pour une branche secondaire ?

Même si les choses ne s’étaient pas passées ainsi – puisque le vrai Comte n’avait acquis le domaine qu’en 1909 – Joseph avait forcément remarqué cette rigole qui traversait la petite route d’Aubagne, et l’avait probablement suivie pour couper par le hameau de la Maussane, avant le sommet de la Montée de l’Argile. Dès lors, s’il disposait d’une clé de piqueur, pourquoi n’aurait-il pas tenté de la suivre à travers les propriétés du Cayolet, puis de la Buzine ?

Aux yeux d’un pédagogue qui ne vaquait que d’un œil, remonter une dérivation jusqu’à la branche principale constituait une « leçon de choses » précieuse pour le jeune Marcel. Et avec Saint-Antoine et la Cipière aperçus sur la droite de part et d’autre de la rigole, ce parcours rencontrait bien quatre châteaux...

Une fois sortis de la Buzine par la porte de l’Eygalier, il ne leur restait plus qu’à suivre la dérivation de la Buzine jusqu’à la branche des Camoins – en coupant ça et là quelques boucles – et le Canal jusqu’à la Treille où, d’après les souvenirs de Germaine, les attendait François avec sa charrette pour les prendre en charge avec leurs paquets[4]. S’ils étaient arrivés par la route et non par les berges, pourquoi ne se serait-il pas avancé à leur rencontre au lieu de rester planté “sous le cimetière”, chargés comme ils l’étaient ?

 

Certes, cette excursion aux « sources » de la Bringueronne n’a pas grand-chose d’un raccourci –  le trajet étant au mieux parallèle à la route – mais après tout, ils étaient en vacances[5]. Et suivre l’eau d’un bout à l’autre justifie peut-être mieux la résolution de Joseph d’« entrer dans l’illégalité » – qui dans le récit des Souvenirs assombrit son humeur dès l’aube du samedi – que s’introduire en fraude sur le domaine foncier du Canal pour à peine plus d’un kilomètre.

 

2. Supposons à présent qu’ils aient emprunté la toute nouvelle ligne d’Aubagne via St-Pierre, qui passait à 200m de chez eux, à l’occasion du grand départ en vacances de juillet 1905, où ils étaient particulièrement chargés.

Après la Barasse, ils pouvaient rester tranquillement assis jusqu’à « La Milhière » (sans doute l’arrêt Montgrand de l’actuelle ligne de bus 40, au début du boulevard de la Millière) ou mieux jusqu’à « St-Menet »[6] – sans doute à l’entrée du « Chemin vicinal de la Millière à Saint-Menet » (actuel arrêt « La Millière ».)

Au bout de ce chemin passant à droite du château Montgrand, ils pouvaient continuer par  l’« Ancien chemin de St-Menet aux Camoins », qui passait à gauche du Château Régis (ou de “La Millère”) avant de traverser d’ouest en est, entre deux murs, la Buzine. Même si la Reynarde reste cachée par les collines, on a tout de même trois châteaux :

 

Cette traverse publique dans la Buzine passait en tranchée au sud du Grand bassin (où on la prend parfois pour les vestiges d’un canal), enjambée par deux petits ponts (tiens donc…) ; puis, cent mètres après la sortie du domaine, rejoignait la dérivation de la Bringueronne – et l’itinéraire précédent.

Mais il était bien plus avantageux de couper par le Nord, en direction des Quatre saisons : point n’était besoin pour cela d’escalader la tranchée, le chemin n’étant pas creusé au niveau des champs, et les murs d’environ 1,50m étant percés de portes. Il était aisé de les franchir avec la complicité des fermiers – origine possible du personnage de Dominique protégeant le passage de la « famille Esménard Victor » dans la propriété du notaire.

Selon les souvenirs de Denise Dumas, une petite ferme « se tenait près de l’entrée principale du domaine »[7], et Germaine ajoute : « La grande ferme était située à l’autre extrémité, proche de la petite porte qui avait connu nos passages “en douce”. » Ce qui semble confirmer qu’ils ne s’introduisaient pas dans le domaine par la petite porte symétrique dont on voit encore l’ouverture à gauche de l’entrée principale, mais vaisemblablement par la traverse autorisée.

 

Maintenant, pourquoi en ressortir par la porte de l’Eygalier, alors qu’une ancienne porte Nord permettait de descendre, par les champs en terrasses, jusqu’aux Quatre saisons ?[8]

D’abord, en 1905, le Docteur Lizé n’avait pas encore exploré la Pagnolie, et sur sa carte d’état-major d’époque, la porte d’entrée de la rigole est visiblement plus proche des Quatre saisons que le débouché de la traverse, alors qu’on ne voit pas de porte Nord. Même en admettant que les Pagnol en aient connu l’existence, ils devaient pour la rejoindre enjamber la rigole 35, dont une bifurcation alimentait une cascade en surplomb.

Technologie Google Earth

 

Peut-être est-ce à ce moment-là qu’ils se sont fait surprendre, non par le gardien du château, mais par un employé du Canal – dont la mission consistait après tout à empêcher la circulation sur les berges des personnes étrangères au service plutôt qu’à leur prêter un double de sa clé[9]. Et qui, loin de poser un cadenas sur la porte fatidique, la leur aurait ouverte pour déguerpir en les menaçant d’un procès-verbal la prochaine fois – les rejetant à l’est de leur route, contraints soit à l’« immense détour » par les Camoins malgré leur chargement, soit à une éprouvante escalade à travers bois avant de redescendre aux Quatre saisons par la traverse de la Caransane[10].

Même de la sorte cet itinéraire, qui ne nécessite pas l’intervention de Bouzigue, est plus court d’1,2km que le trajet par la route depuis la Barasse – où l’on n’économise que 700m en coupant par le canal – et correspond à cette déclaration de Pagnol à un journaliste de Paris-Match : « Pour monter à la Bastide Neuve, il fallait contourner d’immenses propriétés. Alors on coupait par « La Lusine » (sic), le château. On économisait presque une heure de marche, mais c’était interdit. »[11]

Nous voilà loin des 2h20 économisées dans La Gloire de mon père. Mais plus proches peut-être du père humilié disant à sa femme qu’il y a eu « bêtise de [sa] part, et  cruauté de la part de cet imbécile. » À prendre le texte au pied de la lettre, diviser le trajet par deux ne peut guère passer pour « bêtise » de la part d’un bon père de famille ; alors que défier un aristocrate pour abréger de quelques centaines de mètre un raccourci parfaitement légal, en passant sous les fenêtres du château, peut sembler plus puéril.

 

Sur lequel de ces deux itinéraires, peut-être essayés tous les deux et magnifiquement combinés dans Le Château de ma Mère – canal reliant les châteaux, charrette de François attendant aux Quatre saisons, pierre « arrachée » à l’un des ponts sur la tranchée pour fracasser la porte – se sont-ils fait surprendre par un représentant de l’autorité ? Mystère. Comme l’a écrit Pagnol dans la préface de Topaze, « les vies sans mystère n’ont point d’intérêt.[12] » Si ce genre d’enquête en a un, c’est d’abord d’illustrer son génie de conteur, qui nous incite, bien longtemps après l’enfance, à rêver entre les lignes des Souvenirs.

 



[1] LIZÉ, Bruno. – Histoires de Pagnolie : retour aux sources de Marcel Pagnol. – Chez l’auteur : Librairie des Bellons, 2010. p. 91.

[2] « Le tramway nous menait à la Barasse, et puis il fallait marcher, parce qu’il n’y avait même pas de route, il y avait des sentiers » déclare-t-il encore en 1965 à Roger Leenhardt pour l’émission télévisée « Cinéastes de notre temps. »

[3] Parce qu’elle franchissait les limites de l’agglomération marseillaise (Compagnie Générale Française de Tramways de Marseille. – Guide-Horaire 1906. – Marseille : Bureaux de la Compagnie, 1906. p. 80.) Dans un budget où une dépense supplémentaire de quatre francs peut amener « une dangereuse rupture d’équilibre » (Le Château de ma mère, édition citée, p. 203.), une dépense hebdomadaire de 3,20F au lieu de 0,80F (en ne faisant pas payer la petite sœur) n’était certainement pas négligeable.

[4] « Jadis, comment aurions-nous fait, chargés comme nous l’étions, au moment des vacances pour arriver au pied des collines du fin fond de la Treille, si nous n’avions pas eu un âne ou un mulet qui savait avancer sur les chemins de pierre ? »  Dumas Denise, op. cit., p. 134.

[5] Privilégier le trajet le plus pittoresque n’a rien d’extraordinaire pour faire avancer de jeunes enfants – et celui-là mérite le détour d’après le témoignage de « Nadine » sur le Forum : « Pas plus tard que ce week-end 20/12/[2004], mon copain mon chien et moi avons remonté le canal de Pagnol depuis la Treille jusqu’à l’arrière du château de la Buzine ; cela n’a pas été sans mal. Nous avons eu la chance de trouver les portes “miraculeusement” ouvertes car un “Bouzigue” retraité fort sympathique avait gardé la clé des portes afin de montrer à un ami en vacances le trajet de Pagnol mais [il nous a dit] qu’il ne fallait pas espérer le refaire. Quelques passages sont souterrains (très peu) et mon copain qui doit avoir une âme de sourcier a retrouvé le canal. Le plus difficile est d’affronter les riverains, car même si le canal et ses berges ne leur appartiennent pas (domaine de la société des eaux) ils s’y sentent chez eux. Nous nous sommes d’ailleurs “engueulés” trois fois sur ce trajet (pire qu’une violation de domicile). Même si nous avons utilisé l’humour (“Nous sommes de nouveaux Pagnol”), cela n’a pas trop marché. Une vieille poissonnière nous a même dit qu’elle contacterait la Sté du canal car c’était le merdier ! Bref, sachant que nous étions privilégiés nous en avons pris plein les yeux et c’était sublime. »

[6] Tramways de Marseille : horaire. Édition de Novembre 1905, p. 37.

[7] Probablement la maison murée qui curieusement, dans les années 1970, devait abriter un garde et ses molosses…

[8] LIZÉ, Bruno. – Op. cit. p. 81.

[9] « Les cantonniers-arroseurs devront… empêcher la circulation sur la banquette et sur les talus de toutes les personnes qui n’y ont pas un accès exprès ou qui ne seraient pas munies de permissions régulières… Au cas où leur avertissement ne sera pas écouté… ils dresseront procès-verbal. » (Règlement pour le service des cantonniers-arroseurs, 1869, art. 7 & 9.) Cité par Bruno Lizé, op. cit., p. 83-86.

[10] Seul « raccourci » venant du château de la Buzine qui « débouche » aux Quatre saisons comme le décrit Georges Berni père. (Dans les pas de Marcel Pagnol. – Aubagne : Office du tourisme, 1988, p. 49.)

[11] La Gloire de Pagnol : album souvenir. – Paris : Paris-Match, 1974, p.106.

[12] Œuvres complètes, édition citée. Vol. 3, p. 13.

 

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