II
Le passé recomposé

Je me procurai donc une série complète des numéros historiques de Elle, parus du 3 au 31 décembre 1956. Et découvris avec ravissement, dans le numéro du 24 décembre[1] ce fabuleux cadeau de Noël : une photo de Germaine Pagnol, la « petite sœur » des souvenirs, posant auprès de ce qui ressemblait fort à la porte détruite. D’autant que dans l’édition « définitive » de 1973 – acquise pour les préfaces découvertes au musée d’Aubagne[2] – je retrouvai sur la superbe illustration de la scène par Dubout l’arrondi des piliers, la colline au fond, et jusqu’à la brèche en haut du mur de gauche…

J’étais désormais en mesure de distinguer trois couches de rédaction dans les Souvenirs d’enfance.

- le texte de Elle [en italiques dans l’analyse qui suit] ;

- le texte original de la Gloire de mon Père (novembre 1957) et du Château de ma Mère (avril 1958) (reproduit dans l’édition des Œuvres complètes publiée du vivant de Pagnol par le « Club de l’honnête homme » à partir de 1970) ;

- le « texte définitif » complété vers 1965 pour un enregistrement destiné à une émission de radio et récemment publié en CD [additions en gras] (retenu dans la dernière édition de poche chez Bernard De Fallois dans la collection Fortunio [3]).

Si l’on compare les indicateurs temporels semés par Pagnol aux dates données par ses biographes, on s’aperçoit que tout concorde à peu près jusqu’à ce que l’on aborde les premières vacances à la Bastide neuve – comme si tout à coup le « témoignage » laissait place à la « féerie ».

Essayons donc de repérer au passage les distorsions justifiables par des raisons artistiques – tel le supplément de jouvence offert à ses parents – et celles qui remettent en cause la datation habituelle du premier été à la Treille.

 

Repères chronologiques

*« L’âge de mon père, c’était vingt-cinq ans de plus que moi » (p.30.)[4] En effet, le 28 février 1895, Joseph Pagnol, né le 25 octobre 1869, n’avait pas encore 26 ans.

*« Dans les mois qui précédèrent ma naissance, comme [ma mère] n’avait que dix-neuf ans – et elle les eut toute sa vie », ajoute aussitôt Pagnol (p.30), réfutant ainsi l’état-civil qui voudrait que née le 11 septembre 1873, elle en ait eu 21.

*« Mes souvenirs d’Aubagne sont peu nombreux, parce que je n’y ai vécu que trois ans. » (p.37) En fait deux ans et demi, Joseph ayant été nommé à St-Loup le 30 juillet 1897.

* « Il fut nommé […] instituteur titulaire à l’école du chemin des Chartreux. » (p.43) Le 1er juin 1900.

* « Mon frère Paul était un petit bonhomme de trois ans… » (p.44) Né le 28 avril 1898, il aurait trois ans le 28 avril 1901.

* « J’approchais de mes six ans, et j’allais à l’école dans la classe enfantine de Mlle Guimard. » (p.46) Entré au Cours préparatoire en octobre 1900 à l’école des Chartreux, Marcel aura 6 ans en février 1901.

 *« Un beau dimanche », au parc Borély, un « vieillard » lui demande quel âge il a et il répond : « Six ans. » (p.49)

*« Six mois plus tard… » nous apprenons que ce vieillard a 37 ans, ce qui était bien l’âge de Joseph « Thomas-Jules » Jaubert, né le 10 juin 1864, à l’été 1901 (p.52). Pour bien faire ressortir cet âge canonique, nous apprenons par la même occasion que Joseph aura 30 ans à la fin de l’année (il en aura 32) et que Rose, sœur aînée de la toute jeune Augustine, en a 26 (née le 31 octobre 1869, elle a donc elle aussi 31 ans.)

 *« Un beau jour, nous changeâmes de maison, car mon père jugeait que notre appartement était devenu trop petit… » (p.57) Cette interpolation tardive – « ce fut l’une des grandes étapes de notre vie » – anticipe quelque peu l’installation rue Terrusse, vraisemblablement consécutive à la naissance de Germaine, le 2 février 1902 :

* « Deux années passèrent… Une petite sœur était née… » (p.59)

Deux années sont bien passées dans le récit lorsque la tante Rose s’arrondit à son tour, puisque l’ « enfant de vieux » sera l’œuvre d’une mère de « vingt-huit ans » et d’un père de « trente-neuf. » (p.62)

*Le « beau soir du mois d’avril » où Joseph annonce à Marcel leur visite au brocanteur (p.65), prélude aux premières vacances à la Treille, devrait donc se situer en 1903 : ce qui coïncide bien avec la notation du narrateur lors de ce premier voyage sur la « gentillesse des “petits anges” de huit ans » (p.87).

 

Malheureusement, le cousin Pierre n’est né que le 17 janvier 1905[5], et l’oncle Jules « qui se flattait d’être un organisateur » ne pouvait leur dire « vous prendrez le tramway jusqu’à la Barasse » avant le 16 janvier 1905 (prolongation de la ligne Bd du Musée-St Marcel, future [15][6]) et même le 10 juin pour qu’une ligne passant au bas du « boulevard Mérentié » continue après la Barasse « sa  course folle vers Aubagne » (future [40].)[7]



*La ligne de la "gare de l’Est" (Noailles), en tunnel jusqu’au bas du Boulevard Mérentié
(flèche) a pour terminus St-Pierre [68].
*La ligne du Bd du Musée s’arrête à St-Marcel jusqu’au 16/01/1905 (La Barasse.)
*Dès la même date, une ligne ira "jusqu’à Aubagne", mais au départ de la Préfecture (aussi éloignée que la Gare du 51, rue Terrusse.)

 

*Cela n’empêche pas Marcel, après « le 15 août », de préciser pour qu’on l’emmène faire l’Ouverture : « J’ai huit ans et demi passés », ce qui nous ramène en 1903 (p.181).

*Puis de déclarer à Lili au début du Château de ma mère[8], qui raconte la suite du même été : « J’ai neuf ans. » (p.22), ce qui nous projette en 1904. Caldicott en a déduit que le premier départ pour la Bastide neuve avait bien eu lieu en 1903, et que Pagnol avait condensé deux étés en un, ce qui cadre bien avec les déclarations de l’auteur – qui a d’ailleurs validé cette chronologie en 1964[9].

*Mais Lili lui répond : « Moi j’ai huit ans », alors que né le 18 avril 1898, son « petit frère des collines » avait exactement l’âge du petit Paul, soit 6 ans quand Marcel en avait 9: l’auteur n’aurait donc pas hésité à vieillir son ami pour le rapprocher de lui.

*À l’automne, « Je fis mon entrée en 4° primaire » (p.124), soit en CM2 : nous serions donc bien en 1904.

*Las, ils reviennent à la Treille pour Noël, occasion d’une description épique du départ de la « Gare de l’Est » (Noailles, d’où le premier tramway pour Aubagne via la Barasse [40] partira au mois de juin  ; p. 139) tout aussi anachronique que celui du départ en vacances d’été… puisque Pagnol réutilise là l’autre moitié du “départ en vacances-type” décrit pour Elle en 1956. Et l’oncle Jules les rejoint après la messe de minuit pour ne pas réveiller « Rose et le bébé », qui le 25 décembre 1904 n’est toujours pas né (p.145).

 *« C’est ainsi que presque tous les samedis, à partir du Mardi Gras, nous pûmes monter aux collines… » (p.157) « Ainsi », c’est-à-dire grâce au « génie de l’intrigue » d’Augustine, qui conquiert les bonnes grâces de la « Directrice » pour faire aménager l’emploi du temps de Joseph. Ne serait-ce pas plutôt parce que depuis le 16 janvier 1905, le tramway [15] arrivait enfin jusqu’à la Barasse ?

* « Par un beau samedi d’avril », ils rencontrent Bouzigue, qui leur prête une clé du Canal (p.158).

 *« Le mois de juin fut un mois sans dimanche », consacré à la préparation de l’examen des Bourses (p.198). Pendant ce temps, le 10 juin, la ligne Gare de l’Est-Aubagne décrite dès la prépublication dans Elle est à son tour inaugurée.

 *« Nous arrivâmes enfin au 30 juillet, veille solennelle de l’événement » (p.202 ; texte de Elle : « Enfin se leva l’aube du 31 juillet, veille bruyante des grandes vacances ») c’est-à-dire du départ en vacances qui va être assombri par la scène avec le garde.

* Et nous sommes bien en 1905 puisque, dans sa conclusion, Pagnol situe invariablement « cinq ans plus tard » le décès de sa mère, survenu le 10 juin 1910[10] (p.247).

Les seules entorses significatives à la chronologie viennent donc de la réutilisation du texte écrit pour Elle, relatant des événements explicitement situés « vers 1905 », pour de premiers départs en vacances situables entre l’été 1903 et l’hiver 1904.

Dès lors, de deux choses l’une : le tramway n’ayant pas desservi la Barasse avant janvier 1905, et ayant été prolongé jusqu’aux Quatre saisons dès 1907 [ligne 12[11]], les deux seuls étés où la famille Pagnol a pu emprunter l’itinéraire décrit par Marcel sont ceux de 1905 et 1906. Hypothèse renforcée par la naissance du cousin Pierre le lendemain de la mise en service du « 15 ». Mais qui nous amène à envisager que Pagnol se soit lui-même rajeuni de deux ans pour exagérer son innocence devant l’émerveillement des collines – et que la symétrie vacances idylliques/vacances tragiques lui ait paru mieux fonctionner autour de sa dernière année d’école que de son entrée au lycée.

Si l’on considère au contraire – comme cela semble plutôt être le cas – que seul l’âge du héros serve de référence, celui des protagonistes fluctuant dans l’intérêt du récit (ainsi de la naissance prématurée du petit cousin, qui unit les deux sœurs dans le rôle de mères modèles), et que les Pagnol se sont rendus à la Treille dès l’été 1904 – voire 1903 – alors le tramway les a laissés à Saint-Marcel, d’où une correspondance à cheval pour les Camoins pouvait les amener à la Croix sans attendre que les enfants aient des moustaches[12].

Si Pagnol n’en parle jamais, pas plus qu’il ne mentionne le lieu-dit le plus proche de la Bastide-neuve (« le Paradis »), n’est-ce pas parce qu’il a craint que l’on trouve « trop beau pour être vrai » que pour le petit Marcel, le chemin de l’Eden terrestre commence à Saint-Marcel pour s’achever au Paradis ?

 

Le « raccourci » du Canal

« Ô saisons ! Ô châteaux ! »

A. Rimbaud

 
Pour repérer à présent les distorsions de l’espace, achevons de résumer le parcours décrit dans Elle.

Les Pagnol prenaient donc le tramway « gare de l’Est » (station Noailles, sous la Bourse du Travail, place du Marché des Capucins) et descendaient à la Barasse, d’où ils continuaient à pied jusqu’aux Bellons, par un chemin faisant un immense détour, à cause de quatre ou cinq propriétés privées : « Notre colline, à vol d’oiseau, n’était qu’à quatre kilomètres de la Barasse [en fait 5km] : mais prisonniers des murs du petit chemin, comme les billes des jeux de patience, il nous fallait parcourir plus de neuf kilomètres…[en fait, 7] » Précisons toutefois que, justement à cause de ces grands domaines qui, en venant de la toute nouvelle station de la Barasse, imposaient de rebrousser chemin sur plusieurs centaines de mètres, le chemin restait pratiquement aussi long qu’au départ de St-Marcel…

Un samedi d’avril [1905 ?], ils rencontrent un ancien élève de Joseph, employé du Canal, qui leur prête un double de la clé ouvrant ces fameuses propriétés pour couper au travers en suivant les berges. Ils découvrent successivement le château d’un Comte, celui inhabité dit de « la Belle au Bois-dormant », celui du notaire, et le plus grand, occupé par un garde alcoolique et son chien, pour déboucher au carrefour des Quatre saisons en « 25 mn » au lieu de « 2h45 ». Grâce aux « deux heures de marche » ainsi économisées, ils peuvent désormais passer le dimanche aux collines sans trop de fatigue. Tout se passe bien jusqu’aux vacances d’été, où ils se font surprendre par le garde redouté, qui a posé un cadenas à la dernière porte. Il humilie le père de Marcel en le forçant à déballer sur la berge tous leurs bagages de l’été, et sa mère s’évanouit de peur. Le temps passe ; Marcel perd sa mère en 1910, le petit Paul en 1932, puis ayant connu le succès que l’on sait au cinéma, en 1941 il achète par téléphone le domaine de la Buzine pour y créer un Hollywood provençal. C’est une fois sur place, en retrouvant le canal de son enfance, qu’il reconnaît depuis la berge l’affreux château de la peur de sa mère, et démolit à coup de pierre l’horrible porte qui n’avait pas voulu s’ouvrir sur les vacances.

Voilà résumé du même coup le fil conducteur des deux premiers volumes de « Souvenirs » – et dès cette ébauche il est évident que s’y mêle un peu de roman. Un simple coup d’œil sur une carte permet de voir qu’“à vol d’oiseau”, la portion de route entre la Barasse et les Quatre Saisons ne constitue qu’un tiers de la montée vers la Bastide neuve : il est donc difficile, quel que soit le raccourci qu’on y emprunte, de diviser par deux le trajet total (de quatre à deux heures.)

Regardons maintenant de plus près le plan publiée dans le numéro 571 du 3 décembre 1956 (p.42). En dépit d’un certain flou artistique, cette toute première représentation du trajet par la route et du raccourci par le canal, antérieure de quatre ans à la construction de l’autoroute qui a bouleversé le paysage, me parut à première vue plus digne de foi, en dépit de son « flou artistique », que certaines reconstitutions informatiques élaborées par de sympathiques internautes soutenant qu’il n’y a aucune trace d’un quelconque canal dans les « quatre hectares » de la Buzine.

Sur ce dessin “enfantin”, le premier château, celui du Comte, avec ses tourelles, fait immanquablement penser au château Régis ; et le « château de la Belle au bois dormant » sur la photo parue deux épisodes plus loin[13] est indubitablement la Reynarde. Ce qui, en ajoutant la Buzine et en admettant la disparition du château du notaire, fait bien quatre châteaux mitoyens au sud du carrefour des Quatre saisons.

Cette simplicité me séduisait davantage que les théories identifiant comme « château du Noble » Saint-Antoine, situé en haut de l’actuelle montée du commandant de Robien, parce que ce dernier était effectivement comte ; puis comme « Belle au bois dormant » le château Régis, parce qu’il ressemble davantage à un château de conte de fées.

Malheureusement, cette feinte naïveté ne résiste pas à l’examen : à commencer par les proportions non respectées de la partie « Quatre saisons »/« cabanon », en réalité deux fois plus longue, et manifestement raccourcie pour mettre la topographie en accord avec le récit.

Ensuite, il y a bien un canal et des châteaux au début du trajet ; mais le canal est à l’Ouest et les châteaux à l’Est. Les lacs visibles sur les photos anciennes des châteaux de Saint-Menet étaient donc alimentés par des dérivations, et non par la « partie de canal existant encore » photographiée dans le même numéro (le canal de Marseille existe toujours en son entier). Admettons qu’avec la « clé de Bouzigue », les Pagnol aient pu s’introduire dans ces propriétés privées, les rigoles étant desservies par les mêmes portes.

Dans ce cas, ils n’avaient pas intérêt à quitter le tramway à la Barasse, mais plutôt à l’arrêt « Le Mouton », d’où monte droit vers les châteaux un chemin du même nom ; admettons encore, puisque la ligne partant de la gare de l’Est continuait jusqu’à Aubagne.

Si l’on rencontre bien le château Régis avant la Reynarde, les deux domaines ne se présentent pas en enfilade, mais côte à côte ; admettons encore que les Pagnol aient coupé à travers champs, ayant les tourelles du “Comte” à leur gauche et le château de la Belle au bois dormant à leur droite...

Continuant vers le Nord, ils auraient rencontré avant le château de l’Adjudant – identifié à la Buzine, domaine mitoyen aux deux précédents – un château du notaire mystérieusement disparu, alors que le seul château détruit par la percée de l’A50 est le château Montgrand, au sud-ouest du château Régis... Cela commence à faire beaucoup de choses à admettre.

Autant admettre tout de suite que cette histoire de quatre châteaux conduisant par le canal jusqu’aux « Quatre saisons » est une reconstruction, placée sous le signe de la poésie symboliste, et empruntant des détails plus ou moins exacts à différents itinéraires. Bien entendu, comme tous les lecteurs que ce récit a enchanté, j’aurais préféré que tout fût exact ; mais si Pagnol n’avait pas eu une imagination débordante (qui débordait jusque dans sa mémoire), il n’aurait pas écrit la Trilogie, ni eu les moyens d’entreprendre un Hollywood-sur-Méditerranée, et personne ne s’intéresserait à ses souvenirs.

 

Je m’acheminais donc vers la conclusion que reconstituer le « vrai » itinéraire serait de la folie, quand mes recherches sur l’actualité du Château de ma Mère attirèrent mon attention sur l’ouvrage d’un psychiatre : « Une carte d’état-major, datée de 1904, sur laquelle la moindre grange est reproduite, a permis à Bruno Lizé de retracer l’itinéraire précis qu’empruntait la famille Pagnol, bagages à la main, de l’arrêt de tram de La Barasse aux Bellons. »[14]

Je commandai aussitôt Histoires de Pagnolie,  expédié par l’auteur avec une chaleureuse dédicace, et le dévorai dans la journée. Également psychanalyste, et persuadé que rêve et réalité contribuent symétriquement à la vérité des Souvenirs, l’auteur s’y adaptait délicieusement à son sujet en laissant sa part à l’imaginaire dans le récit de sa quête. Mais sous cette forme qui se lit comme un roman, il livre les fruits d’un travail de recherche qui constitue la base obligée de toute hypothèse future. Dans la partie consacrée à la géographie de la Pagnolie en particulier, il a démontré de manière définitive que le « raccourci des châteaux » relève du récit initiatique, et nous ne saurions faire mieux que renvoyer à la partie “Histoire” pour une analyse de ses sources, tant réelles que littéraires.

Ayant déjà accompli toutes les démarches que je me proposais, notamment auprès de la Société des Eaux de Marseille, il avait ajouté jusqu’aux dérivations du Canal à sa fameuse carte d’époque. J’appris ainsi sans bouger de mon fauteuil que la branche (principale) que les Pagnol ont pu suivre entre la Barasse et la Valentine est celle de Montredon, alors que celle qu’on peut voir à la Treille est la branche des Camoins ; c’est cette dernière qui alimente, par la prise de la Bringueronne, la dérivation du même nom : autrement dit la rigole n°35 (70cmx70) dont les deux branches (secondaires) arrosent la Reynarde au Sud et la Buzine au Nord.

Si je continuai néanmoins mes recherches, c’est à cause d’un petit détail : pour Bruno Lizé non plus, avec sa connaissance intime des lieux comme de l’œuvre, les Pagnol n’étaient jamais passés par la Buzine.

 

 

 

 

 

 



[1] N° 574 (épisode 4), p. 35

[2] Rédigées pour les « albums d’enfants » (extraits illustrés par Suzanne Ballivet, épouse d’Albert Dubout) publiés à partir de 1962 par les éditions Pastorelly (réédition Michel Lafon, 2007).

[3] À quand une édition critique des œuvres vraiment complètes de Pagnol, avec préfaces, notes et variantes ?…

[4] Les numéros de page renvoient à La Gloire de mon Père – Texte définitif ; illustrations de Dubout ; préfaces manuscrites+cahier de photos – Monte-Carlo : Pastorelly, 1973.

[5] BERNI, Georges. – Dans les pas de Marcel Pagnol.Édition en couleurs. – Aubagne : Office du tourisme, 2005, p. 47. Date aimablement confirmée par la mairie de Ponteilla, où Pierre Jaubert est décédé le 23 décembre 2002.

[6] Les lignes ne furent numérotées qu’à partir de 1908. (LAUPIÈS, Jacques et MARTIN, Roland. – Les Tramways de Marseille ont cent ans. – Nouvelle édition revue et complétée. – Marseille : Tacussel, 1990. p. 122.) C’est la même convention du 23 février 1904, liant la Compagnie Générale Française de Tramways au département des Bouches-du-Rhône pour l’établissement d’une ligne électrique Préfecture-Aubagne [39] au prix de 0,40F, qui précise « que le service actuel Bd du Musée-St Marcel [15] sera prolongé jusqu’à la Barasse » – ce qui sera fait le 16 janvier 1905. (Ibid., p. 104-105 et 474-475.)

[7] Entretemps, la compagnie de l’Est-Marseille ayant fait faillite, la CGFT la reprend le 22 mars 1904 et prolonge la ligne Noailles-St Pierre [68] jusqu’à Aubagne [40] le 10 juin 1905. (Ibid., p. 106-108 et 496-497.) (La Préfecture, d’où était parti le tout premier tram pour Aubagne le dimanche 15 janvier [n°39, inauguré la veille de la mise en service payant], était aussi éloignée du domicile des Pagnol que la gare St-Charles, d’où un train aurait pu les conduire jusqu’à Saint-Menet dès 1903.)

[8] Même édition (Texte définitif ; illustrations de Dubout ; préfaces manuscrites+cahier de photos – Monte-Carlo : Pastorelly, 1973.)

[9] Le 24 mai. Cf. CALDICOTT, C.E.J. – Op. cit. p. 158.

[10] Et ce dans un passage où il n’avait pas le cœur à rire, ainsi qu’en témoigne l’enregistrement publié par Frémeaux. D’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles il a indéfiniment repoussé la mise au point du Temps des Amours (outre celles exposées par De Fallois), ne serait-elle pas qu’il ne se sentait pas le courage de revivre ce deuil une fois de plus, après avoir transcrit dans Le Château de ma mère la seule image qu’il dit en conserver ? Dans les chapitres publiés, entre les trois qui se passent en 4° (« Zizi », « Je suis poète » et « Rencontre d’Yves »), et celui sur les vacances précédant l’entrée en 2de (« Monsieur Sylvain »), seul un vide béant représente l’année de 3°, celle de la perte d’Augustine...

[11] Au départ de Noailles (gare de l’Est). LAUPIÈS & MARTIN, op. cit, p. 111 et 472-473.

[12] « Service de correspondance des Omnibus avec les Tramways : Pour Les Camoins. – De Saint-Marcel, place de la Gare, aux Camoins. – Durée du trajet : 45 minutes. Départ de Saint-Marcel toutes les 90 minutes. »  (Compagnie Générale Française de Tramways de Marseille. – Guide-Horaire 1906. – Marseille : Bureaux de la Compagnie, 1906, p. 41.) Ce service existait déjà en 1903 (cf. AGNEL, Auguste (Abbé). – Un coin pittoresque de Provence, Camoins-les-Bains et ses environs. – Marseille : Verdot, 1903. Réédition J. Laffitte, Marseille.)

[13] n° 573 du 17/12/1956, p.37.